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Gaz de schiste : une impasse

Ségolène Royal, monte au créneau contre tous les permis de recherche

Ecolo-terroristes : c'est ainsi que les citoyens, élus, associations s'opposant aux gaz de shiste et autres hydrocarbures non conventionnels ont été parfois qualifiés.

Et voilà que notre Ministre semble les rejoindre, et même aller plus loin en affirmant rejeter toutes les demandes de nouveaux permis de recherche - y compris ceux visant des cibles dites conventionnelles   (lire ci-dessous le communiqué de l'AFP ce jour, 13 janvier 2016).

 Il faut  cependant relativiser un peu, car des gisements conventionnels, il y en a bien peu en France. Contrairement à ce que répètent les lobbys et les medias, la plupart des 133 demandes en attente visent en fait du non-conventionnel, même si ce n'est pas toujours avoué. Qu'on se le dise, il n'y a pratiquement plus en France de pétrole ni de gaz conventionnel, c'est à dire récupérable par simple forage ou pompage. On a pratiquement tout extrait en quelques décennies, et ce qui a pris ne reviendra pas dans notre sous-sol.

Malgré ce petit bémol, prenons acte de l'intention affichée par notre Ministre, qui tire quelques leçons logiques de la Conférence sur le Climat (COP21), à Paris en décembre 2015. Oui, il faut laisser dans le sol la majorité des réserves d'hydrocarbures mondiales, oui il faut économiser l'énergie, oui il faut innover et développer les énergies renouvelables. Elle a tout à fait raison.

Mais on peut s'interroger :

Pour combien de temps est-elle encore au gouvernement ?

Va-t-elle proposer, comme en d'autres domaines, d'inscrire cela dans la Constitution, ce qui renforcerait évidemment la sécurité des poipulations dans les territoires visés par les pétroliers et spéculateurs ?

- Va-t-elle abroger de nouveau, comme l'avait fait NKM en 2011, le permis de Montélimar (Total) pourtant bien clairement orienté "gaz de schiste" selon ses documents, et qui est en voie de réhabilitation, plus de 4 ans après, par le Tribunal administr, atif de Cergy ? Ce serait la moindre des choses, le contraire serait incohérent.

- Va-t-elle abroger de nouveau, comme elle l'avait fait en septembre 2015, le permis de Saint-Griède pour lequel le titulaire australien Gas2Grid a fait un recours qu'il semble avoir gagné en décembre 2015 auprès du Tribunal administratif de Pau ?

- Va-t-elle refuser aussi de prolonger les permis existants (54 en vigueur, dont la moitié attendent leur renouvellements en toute illégalité ) ?

- Va-t-elle indiquer clairement que ses services n'accepteront plus aucune demande, et que les demandes en cours ne seront ni instruites ni conservées en attente, et qu'elles feront l'objet de décisions explicites de rejet ?

- Que fait-elle du Ministre de l'Economie Emmanuel Macron, dont la signature est exigée pour tout octroi ou rejet de permis ?

- Et qu'en dit François Hollande, qui n'a jamais condamné les recherches, y compris pour le gaz de schiste - tout au moins depuis qu'il est Président ?

 

(AFP)

 Interrogée à l'Assemblée nationale par le député socialiste Yves Blein mardi 12 janvier, la ministre de l'Écologie et de l'Énergie a déclaré que son ministère refuserait toute nouvelle demande de permis de recherches d'hydrocarbures conventionnels.

En France, 130 demandes de permis de recherches d'hydrocarbures conventionnels ont été déposés et 54 permis étaient actifs au 1er juillet 2015, selon les données publiées sur le site du ministère. Or aucune nouvelle demande de recherche de pétrole ou gaz naturel extraits par des méthodes classiques comme le forage (et non la fracturation hydraulique) ne devrait aboutir.

"Puisqu'il faut réduire la part des énergies fossiles, pourquoi continuer à donner des autorisations de recherches d'hydrocarbures conventionnels?", a-t-elle déclaré devant l'Assemblée le 12 janvier pour justifier le refus d'accorder de nouveaux permis, comme le prévoit la loi de transition énergétique. Elle entend ainsi "inciter les groupes industriels qui s'engagent dans ce type d'activité à réorienter leurs investissements vers la production d'énergies renouvelables ou vers la production de l'efficacité énergétique".

Promulguée en août 2015, la loi de transition énergétique prévoit notamment une réduction de la consommation énergétique finale de 50% en 2050, par rapport à 2012, et une réduction de la consommation primaire des énergies fossiles de 30% en 2030.

Les activités d'exploration pétrolière ne sont autorisées que dans le cadre de la recherche d'hydrocarbures conventionnels, a-t-elle rappelé, tandis que la fracturation hydraulique, seule technique éprouvée pour exploiter les hydrocarbures de schiste, est interdite en France. François Hollande avait assuré en juillet 2013 qu'il n'y aurait ni exploration ni exploitation du gaz de schiste en France sous sa présidence. 


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