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Gaz de schiste : une impasse

TOTAL pourrait bien récupérer le permis de Montélimar

Le permis de Montélimar s'étendait sur 4327 km², sur les départements de la Drôme, l'Ardèche, le Gard, l'Hérault, jusqu'aux portes de Montpellier et aux contreforts cévenols, dans des milieux extrêmement sensibles et risqués du point de vue hydrologique (voir ici une fiche descriptive,   un dossier très complet ici  et d'autres informations et documents encore ici ainsi que les cartes en fin de cet article).

C'est l'un des trois "permis historiques", qui avait été abrogé fin 2011 par la Ministre de l'époque, Nathalie Kosciusko-Morizet, avec ceux de Nant et  Villeneuve de Berg. Ces deux derniers ont vu leur abrogation définitivement confirmée fin décembre 2015, malgré les recours de la société Schuepbach. (la demande initiale couvrait 5680 km², et Total a demandé aussi une extension "Montélimar-extension", qui pourrait bien renaître bientôt)

TOTAL avait dans un premier temps affirmé qu'il utiliserait la fracturation hydraulique, puis écrit le contraire dans l'espoir de garder son permis après la loi du 13 juillet 2011 interdisant le fracking. Cette volte-face n'avait pas convaincu le Ministère en 2011.

Et effectivement, on sait bien, et TOTAL le premier, que la fracturation sera indispensable. Non seulement pour exploiter, mais aussi pour explorer, pour évaluer la rentabilité de l'extraction.

Dans cette affaire, le Ministère actuel semble donc favorable à la renaissance de ce permis et à la prospection du gaz de schiste - puisque c'est bien de cette cible qu'il s'agit.

Et encore plus grave : ce jugement devrait faire jurisprudence pour accorder ou rétablir d'autres permis.

Si l'on en croit les actes, et non la communication trompeuse du Ministère, la COP21 est déjà bien loin et les hydrocarbures fossiles, même les plus sales, ont de beaux jours devant eux en France.

On lira ci-dessous la dépêche de l'AFP de ce jour (8 janvier 2016):

" Gaz de schiste: Total, qui demande à reprendre ses recherches, sera fixé fin janvier
Cergy-Pontoise (France) - Total pourra-t-il reprendre ses recherches de gaz de schiste dans la région de Montélimar ? C'est ce qu'a préconisé vendredi le rapporteur public du tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise) dans ses conclusions.

La décision du tribunal, qui pourrait rétablir un permis délivré en 2010, est attendue pour la fin du mois de janvier.

En 2011, Total avait vu ce permis de recherche abrogé en raison de la loi du 13 juillet 2011 qui interdit le recours à la fracturation hydraulique, technique d'extraction du gaz de schiste jugée néfaste pour l'environnement.

C'est un peu un coup de théâtre a réagi Me Hélène Bras, qui représente deux eurodéputés Verts, José Bové et Michèle Rivasi, parties civiles.

Le rapporteur public a demandé l'annulation, considérant qu'à l'époque il n'y avait pas d'ambiguïté car Total affirmait renoncer à la fracturation hydraulique a expliqué Me Bras.

En décembre, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a confirmé l'abrogation, faite en 2011, de deux permis d'exploration de gaz de schiste délivrés à la société Schuepbach en 2010 en Aveyron et en Ardèche. Le tribunal avait suivi les conclusions du rapporteur public.  "
(©AFP / 08 janvier 2016 16h36)

Carte du permis de Montélimar (auteur stop-gaz.fr, avec géoportail. Reproduction autorisée)

 

 

 


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